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Des prêtres, des hommes

Des prêtres, des hommes : 10 portraits

L'année du prêtre se terminera le 19 juin 2010, catho.be vous propose d'ici là d'écouter 10 interviews de prêtres à raison d'un par semaine à partir du vendredi 16/4 jusqu'au vendredi 18/6.

10 portraits de prêtres insérés dans des pastorales particulières et qui parlent de leur personnalité, de leur vocation, des spécificités de leur ministère. Les prêtres sont choisis dans les différents diocèses. Vous pouvez également retrouver cette série dans le journal Dimanche.

 

 

 

Damien Nivelle, un jeune homme heureux

Dernière rencontre avec ces prêtres, ces hommes qui ont consacré leur vie à Dieu et qui l'ont fait de façon originale, particulière ou insolite. Notre dixième rendez-vous nous mène sur les bords de la Sambre pour y rencontrer Damien Nivelle.

Cette année, dans le diocèse de Namur, quatre ordinands vont devenir prêtres le 27 juin. Ils ont suivi leur formation au sein des deux séminaires namurois; soit au séminaire Notre-Dame, soit au séminaire Redemptoris-Mater. C'est dans ce dernier que Damien Nivelle, 29 ans, a poursuivi ses études.

Damien est avant tout un jeune homme heureux. Heureux et surtout rempli de gratitude envers son Seigneur. "C'est lui qui a tout fait, dit-il. Ma mission de prêtre, je la vois comme un devoir d'union au Christ. Être au milieu de ce monde, mais intimement uni au Christ; s'abandonner et en retirer le zèle de se donner aux autres."

Pour Damien, tout est œuvre de Dieu. Son enfance est vécue en regardant ses parents suivre le chemin néocatéchuménal, une initiation chrétienne pour adultes. Damien est touché par leur démarche et plongé dans le bain de la foi. Peureux, angoissé, effrayé par la nouveauté et l'éloignement, il s'en remet entièrement au Christ durant les années de séminaire. "Et il ne m'a pas trompé, confirme Damien. J'y ai passé les années les plus heureuses de ma vie."

C'est en restant ainsi, uni et fidèle au Christ, que Damien voudrait vivre sa nouvelle mission de prêtre, quand il sera devenu Monsieur l'abbé Nivelle. (Ctb/SB)

 

Écouter Damien Nivelle



Fernand Stréber, aumônier des établissements pénitentiaires de Wallonie

 Il est prêtre depuis trente ans et ces trente années peuvent se résumer en trois étapes: dix ans dans l'aumônerie des mouvements catholiques; dix ans comme prêtre au sein des ONG "Entraide et Fraternité" et "Action Vivre Ensemble"; dix ans dans l'aumônerie de prison. Il visite ainsi deux à trois fois par semaine les détenus de la prison de Namur qui en compte deux-cents cinquante. Rencontre avec Fernand Stréber, aumônier des établissements pénitentiaires de Wallonie.

L'abbé Stréber est un homme de communication. Pouvoir parler et surtout savoir écouter ces personnes fragilisées et enfermées est, non pas le travail, mais la mission qui lui est confiée. Enfermement physique ˗ le détenu évolue dans 12 m2, porte verrouillée et barreaux aux fenêtres ˗, mais aussi enfermement intérieur. "Le détenu est un homme avec le cœur en bandoulière, dit l'abbé. Je ne vois pas en face de moi quelqu'un qui a commis un délit, mais un homme et cet homme est heureux de pouvoir rencontrer une personne qui l'écoute pour lui-même." Cette écoute, cette attention qui lui est portée est une attitude qui est très rarement ressentie en prison. Sans jugement et en toute confidentialité, Fernand Stréber passe donc beaucoup de temps auprès des prisonniers qui, progressivement, du moins pour certains, commencent alors à s'ouvrir.

Quand la Foi est abordée dans les conversations, c'est toujours le détenu qui en parle le premier. Généralement, les personnes qui arrivent en prison n'ont plus de contact avec la Foi depuis longtemps, constate l'abbé Stréber. Le message de l'Evangile peut aider à traverser la situation de souffrance liée à l'enfermement. "En arrivant en prison, elles considèrent qu'elles ne valent plus rien, je veux, avant tout, leur redonner l'espoir de croire en elles. Quand elles croiront en elles-mêmes, elles pourront croire aux autres et à l'Autre."

Dans un langage fleuri, Fernand Stréber me raconte anecdotes et petites histoires vécues depuis une décennie à la prison de Namur. De bons moments, de beaux échanges. La tristesse et l'émotion sont parfois perceptibles dans ses propos, mais c'est surtout la joie qui transparaît. La joie d'un homme qui va, avec confiance et sensibilité, à la rencontre d'autres hommes.

 

Écouter Fernand Stréber



Jean-Paul Géron, aumônier des gens du voyage

Départ vers Herve pour y retrouver l'abbé Jean-Paul Géron, aumônier des gens du voyage. A travers lui, ce sont tous ces voyageurs que l'on est invité à rencontrer.

Ils sont romanichels, manouches, gitans, bohémiens ou tsiganes trainant derrière eux, depuis des siècles, une longue tradition de migrations, de déplacements, de campements provisoires. Ils sont l'objet du rejet des populations autochtones. Aujourd'hui, tout ceux-là qui résident dans notre pays y sont installés depuis longtemps et y ont pris la nationalité belge. Ce sont ces 20.000 voyageurs sédentarisés en Wallonie que Jean-Paul Géron va rencontrer quotidiennement depuis cinq ans.

Mais que peuvent se raconter un homme d'Église et ces voyageurs qui ont posés leurs valises? "C'est selon la demande. Souvent à l'occasion de naissances ou de décès, constate Jean-Paul Géron. Je suis appelé chez eux et il n'est pas rare qu'une visite me prenne trois ou quatre heures. Souvent, en pastorale, les rencontres sont très brèves et les curés très pressés. Ici, je prends mon temps pour leur dire qu'ils sont l'objet de toute mon attention."

Tous les sujets de la vie quotidienne sont abordés avec la même véracité. L'abbé Géron tient à leur offrir "une présence d'incarnation", c'est-à-dire s'émerveiller de ce qu'ils disent, prendre au sérieux la moindre interrogation; surtout celle, récurrente, de l'avenir des enfants.

Écouter parler Jean-Paul Géron de ses compagnons, c'est laisser filer le temps, comme lui sait si bien le prendre avec eux. Il voudrait capter de notre part un regard bienveillant vers ce monde des voyageurs, craint car méconnu. Pour eux qui ne voyagent plus que dans leur imaginaire, il est loin le temps où ils se souhaitaient Latcho drom... Bonne route!

 

Écouter Jean-Paul Géron



Michel Decarpentrie, prêtre exorciste

Doyen de Tournai, Michel Decarpentrie est aussi un prêtre à la pastorale très, très particulière. En effet, derrière ce géant à la barbe de bon-papa, se cache un exorciste. Ne soyez pas effrayé ou étonné et sachez que chaque diocèse de Belgique compte son prêtre exorciste.

En 1992, répondant à l'appel de Mgr Huart, ancien évêque de Tournai, le prêtre entre dans ses nouvelles fonctions avec déterminisme, certain que ses études d'assistant social lui seront d'un grand secours. L'accueil du plus pauvre, pas seulement le pauvre économique, mais surtout le pauvre intérieur, le blessé, est depuis longtemps "dans les fibres" de Michel Decarpentrie.

Exorcisme. Le mot provient du grec ancien: "Faire prêter serment, faire jurer à quelqu'un par le Seigneur". C'est bien de cela dont parle le Doyen: "Exorciser, c'est aider la personne à libérer Dieu en elle." Alors, et l'abbé Decarpentrie est catégorique, pas question de parler du diable ou de quelque autre entité maléfique et imaginaire. "Nommer le mal serait lui donner trop d'importance, dit-il. Le mal, il se décline sous le mode des relations brisées. Les brisures intérieures empêchant toutes relations extérieures. "L'enfermement des personnes les fait toujours éclater intérieurement. Ce sont ces personnes-là, qui ne s'assument plus, que je reçois et que j'essaye d'aider."

Téléphoner à l'exorciste ou vouloir le rencontrer est une démarche primordiale; c'est déjà un premier pas vers la reconstruction, car la personne a pu dire JE. Mais que l'on ne s'y trompe pas, Michel Decarpentrie ne va pas satisfaire à la demande immédiatement. Il va laisser passer du temps afin que la démarche soit réfléchie et aboutie, et puis viendra l'écoute, beaucoup d'écoute. Alors seulement, une parole pourra être dite et cette parole, c'est la Parole du Christ, car c'est le Christ qui libère, qui peut libérer Dieu en la personne. "Il y a simplement l'accueil d'une grande souffrance et d'un cheminement avec la personne pour la conduire vers la liberté", dit le prêtre qui reçoit, en moyenne trois personnes par semaine, à raison d'environ deux heures par entretien. Chaque histoire est unique et aucune d'entre elles n'étonne Michel Decarpentrie qui continue, depuis presque vingt ans, à écouter la souffrance des hommes.

Écouter Michel Decarpentrie



Bernard Sorel, aumônier des forestiers et des naturalistes

Découvrez cette semaine, un prêtre aux multiples facettes, Bernard Sorel. Il n'a pas perdu cette faculté d'émerveillement qui caractérise les enfants ou les utopistes, c'est peut-être pour cela qu'il est devenu aumônier des naturalistes et des forestiers. Il aime garder la tête dans les nuages, c'est peut-être pour cela qu'il est devenu aumônier de l'aéronautique...

Qu'est-ce qui peut bien relier les différentes fonctions de ce prêtre atypique du diocèse de Namur? Pour Bernard Sorel, le lien est évident, c'est la contemplation et la meilleure école pour contempler, c'est la nature. "Avant tout, il faut vivre cette 'conversion écologique', selon l'expression de Jean-Paul II, dit cet amoureux inconditionnel de la nature. C'est par une présence priante et accueillante que peuvent être menées des actions au niveau des communautés, ainsi qu'aux niveaux européen et œcuménique."

Sources de son ministère de prêtre, la vie de solitude et, bien sûr, l'eucharistie, cimentent entre elles les diverses facettes du sacerdoce de Bernard Sorel. La dimension contemplative est essentielle, même quand on survole l'Europe comme le fait régulièrement ce commandant d'aérodrome. Il faut ensuite établir une délicate alchimie entre le respect de l'environnement et les nouvelles technologies de communication au sens large. Beaucoup de travail reste à faire pour trouver un juste équilibre, mais il faut toujours garder cette présence priante et accueillante que ce soit au milieu des bois ou sur le tarmac.

Nous avons affaire à un passionné! Curieux de tout, il ne conçoit pourtant pas de vivre pleinement ses vocations sans ressourcement à l'eucharistie et l'adoration du Saint Sacrement.

Sans aucun doute, c'est cela qui le fait vivre si intensément dans la prêtrise, comme ce jour-là, quand, à Toulon, il ressentit l'appel de Dieu et comprit qu'il suivrait un chemin non-conventionnel pour un prêtre. Cet électron libre dans l'Église veille aujourd'hui, dans la contemplation et l'accueil des nouveautés, au bien-être de l'humanité.

Écouter Bernard Sorel



Michel Teheux, prêtre à Huy

 

 

Rencontre avec Michel Teheux, prêtre à Huy. Il va nous faire découvrir les différentes facettes de son ministère. 

Imaginez-vous un jardin entouré de hauts murs, un véritable jardin de curé, où les légumes les plus délicats poussent sous de grandes cloches de verre, où des dizaines de buis en topiaire ponctuent la pelouse, où les lianes de clématites, tressées et assemblées en grosses boules, côtoient les rosiers sauvages, les arrosoirs en zinc et les mangeoires à oiseaux. Passez une porte entr'ouverte, vous entrez dans le hall du presbytère. Les murs sont recouverts d'icônes, d'objets d'art et de parures bédouines. Jetez un coup d'œil dans chaque pièce, de la cave au grenier, vous y découvrirez des trésors, ou plutôt des coups de cœur glanés lors de voyages ou sur des brocantes. Très difficile, voire impossible, de trouver un mètre carré  vierge de décoration.

L'état des lieux étant fait, bienvenue chez Michel Teheux, curé à Huy depuis 25 ans. "Si je n'avais pas été prêtre, j'aurais été architecte d'intérieur et, forcément ma maison s'en ressent, sourit l'abbé, l'art est inhérent en nous. Il nous fait nous tourner vers ce qui n'est pas directement palpable. C'est un souffle de vie."

Cette fibre artistique a toujours accompagné Michel Teheux. Toujours, en effet, il a essayé de créer, car "le beau, on le fait, dit l'abbé Teheux. Quand on crée de la beauté, on est directement du côté du cœur et de l'esprit, du côté de cet impalpable dont je parlais. Art et spiritualité sont intimement liés. L'art doit entrer dans les églises, poursuit-t-il sur sa lancée, car l'art est un chemin universel."

En entrant chez Michel Teheux, à côté de ce "bric-à-brac" d'excellent goût qui ravit les yeux, on peut remarquer des objets plus exotiques; ceux-là viennent de loin, du côté de l'Orient. D'un Orient, plutôt moyen qu'extrême, et plus précisément d'un pays, oh combien aimé par Michel Teheux, Israël. Après avoir guidé plus d'une centaine de pélerinages en Terre Sainte, l'abbé Teheux retrouve toujours avec émotion cette terre qui l'a adopté. "On ne  peut goûter l'Évangile que sur le terroir de la Bible, s'émeut-il. Il y a là comme un cinquième évangile. Cette terre parle."

Rencontre donc avec un prêtre bien différent de l'image habituelle que l'on s'en fait, mais rencontre avec un homme enthousiaste qui a su trouver dans son ministère une place où sensibilité, passion et émotion sont toujours présentes.

Écouter Michel Teheux



Georges Davin, aumônier au Foyer Saint-François

Rencontre à Namur avec le père jésuite Georges Davin, aumônier au Foyer Saint-François. Une rencontre attachante avec un amoureux de l'Eglise et un philanthrope convaincu.

Je suis accueillie par le père Davin près de la chapelle des Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur dont il fût l'aumônier. Quatre-vingts ans, une santé fragile, il m'invite à m'asseoir et puis commence à raconter son histoire. "Ma vie de prêtre est essentiellement axée sur l'annonce d'une Bonne Nouvelle, dit-il. Dieu nous aime, qui que nous soyons, avec une tendresse, une obstination, une patience extraordinaire. Il nous donne l'espérance de croire que nous sommes aimés et que nous pouvons aimer en retour."

Cet amour débordant, à la fois reçu et donné, Georges Davin l'a mis à la disposition des autres en entrant au Foyer Saint-François de Namur, un centre de soins palliatifs, dont il est devenu l'aumônier il y a un peu plus de dix ans. Selon lui, c'est la plus grande grâce qui lui soit arrivée dans sa vie de prêtre. Le Foyer Saint-François est une institution à Namur, et même au-delà d'ailleurs. Il peut accueillir treize patients gravement atteints dans leur santé et ayant épuisé toutes les possibilités de guérison. Mais ce qui caractérise le mieux le Foyer Saint-François et ce qui a frappé Georges Davin lorsqu'il y est entré pour la première fois, c'est la très grande humilité qui l'a envahi, ensuite est venue une très grande paix. "C'est alors qu'il faut enlever ses habits de curé afin de respecter les convictions personnelles de chacun. Ce n'est pas la religion ou l'absence de religion qui caractérise l'homme; l'important, c'est l'humain."

Dans les couloirs de Saint-François, le père Davin a la chance de pouvoir côtoyer les familles des malades qui lui racontent leurs histoires parfois douloureuses. La confiance s'installe. Le prêtre écoute. "J'ai une admiration sans borne pour ces familles qui prennent tellement soin de leurs malades."

Côtoyer les malades, côtoyer leurs familles, c'est côtoyer la mort, inévitablement. "Je n'en ai pas peur, avoue-t-il. La mort est ce passage, cette issue que le Seigneur nous fait entrevoir en faisant exploser la mort comme dernier mot; ouvrant ainsi un chemin vers une plénitude de vie, d'amour, de beauté et de danse, avec Lui, dans son Royaume. C'est un avenir prodigieux. Il n'y a pas de mot."

Écouter Georges Davin



Frère Marc, de la Fraternité de Tibériade

 

 

Rencontre à Lavaux-Sainte-Anne avec une des figures marquantes du diocèse de Namur, Frère Marc, qui avec sa simplicité légendaire, me reçoit à la Fraternité de Tibériade.

À douze ans, Marc Piret découvre une petite cabane au fond d'une prairie. Il y prie, y bricole, y découvre l'Église. Quinze années plus tard, frère Marc réalise son espérance la plus intime: donner à l'Église une petite fraternité avec quelques frères et sœurs qui vivraient dans la douceur et l'humilité, qui annonceraient Jésus, en témoigneraient dans l'unité et la prière et par l'humble travail de leurs mains. La fraternité de Tibériade était née. À cette communauté nouvelle, il fallait un berger; frère Marc voit cette mission comme un appel et devient prêtre.

Trente ans après cet engagement, la fraternité compte trente-cinq moines et moniales; des frères moineaux et des sœurs mésanges comme les appelle frère Marc qui, par ses mots, fait écho à la spiritualité franciscaine qui transpire à Tibériade.

Le choix de devenir prêtre n'a pas été aisé pour frère Marc. Il prend un itinéraire particulier qui le mène de Chevetogne, à l'I.E.T. (Institut d'Études Théologiques de Bruxelles) puis au séminaire, c'est "par tranche" qu'il vit sa formation de prêtre tout en continuant sa vie de moine à la fraternité de Lavaux-Ste-Anne. Nécessité donc d'une certaine souplesse afin de passer sereinement d'une tranche de vie à l'autre. Mais qu'il soit prêtre-moine ou  moine-prêtre, la grande joie de frère Marc est d'annoncer le Christ et de faire aimer son Église.

La contemplation, la vie fraternelle et la mission, qu'elle soit locale ou internationale, fait de Tibériade un lieu-source d'où jaillit une vie de communion autour du Christ qui rayonne bien au-delà de la fraternité et qui proclame ce commandement nouveau: "Aimez-vous comme je vous ai aimés."

Écouter Frère Marc



Emmanuel de Ruyver, un des plus jeunes prêtres belges

 

 

Rencontre cette semaine avec un des plus jeunes prêtres belges, Emmanuel de Ruyver.

Aux côtés de deux autres compagnons, Thierry Moser et Jean-François Simonart, Emmanuel de Ruyver, 31 ans, est ordonné prêtre en la cathédrale de Bruxelles le 19 septembre 2009. C'est un événement pour l'archevêché de Malines-Bruxelles, et d'ailleurs pour toute l'Eglise de Belgique, d'accueillir en son sein ces trois jeunes prêtres.

"J'ai réalisé qu'il y avait une véritable fraternité sacerdotale entre les nouveaux prêtres et les prêtres plus âgés, dit Emmanuel avec émotion, surtout lors de l'imposition des mains pendant l'ordination et lors de l'accolade fraternelle. Et ça, je le ressens encore aujourd'hui, tous les jours, dans ma paroisse avec mes collègues,  quand je retrouve mes amis séminaristes ou que je rencontre les autres prêtres du diocèse. C'est une nouvelle famille et c'est avec elle que je peux grandir spirituellement."

Mais comment a réagi l'entourage d'Emmanuel  à sa décision de cheminer vers la prêtrise? "J'ai eu des réactions d'encouragement mais aussi d'étonnement, se souvient Emmanuel. En tout cas, je n'ai pas perdu de contacts à cause de mon choix, au contraire; parfois les contacts se sont même approfondis et les relations sont devenues plus riches, car j'ai pu parler de ce qui me fait vivre, de ma foi et de Dieu."

Dans sa paroisse de Wavre, Emmanuel de Ruyver multiplie les occasions de parler de ce Dieu qui l'a appelé. Une de ses grandes joies de prêtre est de pouvoir témoigner de sa foi, de devenir réellement apôtre du Christ. Le contact avec les jeunes, dans les mouvements de jeunesse ou dans les écoles, lui fournit un terrain supplémentaire d'évangélisation.

"L'Eglise, ce n'est pas seulement les évêques et les prêtres qui la font. Elle est le fait de tous les baptisés. Elle a de beaux et de moins beaux côtés, mais c'est l'Eglise du Christ. Se laisser davantage imprégner par le Christ est un travail de tous les jours auquel il faut continuellement s'attacher. Ce que j'annonce ce n'est pas mon Eglise, mais celle du Christ. Une phrase de saint Paul me parle particulièrement: 'Pour moi, vivre c'est le Christ.' Elle  m'accompagne tous les jours et cet attachement, être greffé au Christ par la prière, la parole et les sacrements me fait vivre et me fera vivre puisque le Christ a dit que l'on ressuscitera avec lui."

Écouter Emmanuel de Ruyver



Paul Trigalet, prêtre ouvrier

Premier rendez-vous de cette série consacrée aux prêtres dans le cadre de l'année du sacerdoce.

Cette semaine, rencontre avec Paul Trigalet, prêtre ouvrier.

Pour rencontrer Paul Trigalet, rendez-vous à Charleroi, au numéro 8 du boulevard Jacques Bertrand, au cœur de la ville. Sur la sonnette, on peut lire: "Solidarités nouvelles". C'est un petit bonhomme de 75 ans qui vient ouvrir la porte. Chaleureux et jovial comme le sont les gens simples, il ne se fait pas prier pour raconter sa longue et tumultueuse vie de prêtre ouvrier. Longue, car il est devenu prêtre à l'âge de 24 ans et tumultueuse, car c'est une vie faite de luttes et de revendications, toujours pour la même cause: les droits des plus petits, de ceux qui passent leur vie sans quelque chose, que ce soit des sans voix ou des sans toit; de ceux que Paul Trigalet appelle les précaires.

"Pour pouvoir apporter un message évangélique, il faut d'abord partager la vie des gens... C'est ce que Jésus Christ a fait pendant 30 ans." Paul Trigalet ne peut concevoir  sa vie de prêtre ouvrier qu'en regardant la vie de Jésus. Lorsqu'il était vicaire, déjà en contact avec le monde populaire, il s'étonne du décalage entre l'Eglise et la base. Il y voit comme un appel: il sera celui qui tentera de nouer une relation entre l'Evangile et les "petites gens". Et puis, tout s'enchaîne. Paul Trigalet fonde "Solidarités nouvelles", une association qui a pour objectif l'exercice des droits sociaux et le développement de solidarités actives entre habitants avec, comme fil rouge, le droit au logement; gros point noir dans des villes telles que Liège ou Charleroi. Etre là, toujours là, aux côtés des précaires, à essayer de faire entendre leurs droits; c'est le combat, mené durant plus de cinquante ans, par Paul Trigalet, un des derniers prêtres ouvriers de Belgique.

Écouter Paul Trigalet




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