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Brigitte,
Sur le seuil de sa Maison, Notre Père T'attend ...
Repose en Paix
Homélie
1 Jn 3, 14.16-20
14 De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
17 Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
18 Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
19 Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises.
20 En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne lui soient reprochées ;
Mt 6, 25-34
25 C'est pourquoi je vous dis : Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ?
26 Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?
27 D'ailleurs, qui d'entre vous, à force de souci, peut prolonger tant soit peu son existence ?
28 Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
29 Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'était pas habillé comme l'un d'eux.
30 Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs, qui est là aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?
31 Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : 'Qu'allons-nous manger ?' ou bien : 'Qu'allons-nous boire ?' ou encore : 'Avec quoi nous habiller ?'
32 Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
33 Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché.
34 Ne vous faites pas tant de souci pour demain : demain se souciera de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Frères et Sœurs, notre cœur est dans la peine. S’il est bien une chose à laquelle on ne s’habituera jamais c’est la mort d’une personne qu’on aime et la peine est d’autant plus grande que le décès était inattendu. Et c’est souvent au moment de la disparition d’un être cher qu’on se rend compte de tout ce qu’il représentait pour nous.
La vie de Brigitte a été bien remplie. Elle passa une partie de son existence en Afrique, particulièrement au Gabon où elle tint un petit commerce. Sa vie ne fut pas un long fleuve tranquille, elle connut bien des épreuves mais elle eut la chance de découvrir la vie chrétienne de manière renouvelée et elle s’y investit de tout son cœur. Elle prit soin d’être à l’écoute journalière des différents appels que le Seigneur lui inspirait. C’est ainsi qu’elle tint une petite librairie chrétienne, ce qui lui permettait de rencontrer bien des gens et de partager sa foi et de prier avec eux. Elle faisait partie de bon nombre de groupes de prière dont celui de Beaumont où elle exerçait la charge de bergère. Soucieuse du bien spirituel des gens elle fut à l’écoute de personnes qu’elle aida à progresser dans leur vie chrétienne. Organisatrice de retraites et de conférences spirituelles elle s’y donnait à fond malgré une santé déficiente et ses propres limites humaines.
Sa mission sur terre est terminée, elle continuera sans aucun doute à nous soutenir du haut du ciel.
Frères et Sœurs, l’évangile que nous venons d’entendre, faisait partie des thèmes favoris de Brigitte. Jésus nous prêche une façon de mener notre vie en la remettant complètement entre les mains de Dieu qui est Père pour chacun de nous, qui se soucie de chacun de nous. Vous m’objecterez que s’il en était ainsi, il n’y aurait pas la faim dans le monde, il n’y aurait pas tant de malheurs. A cela je réponds que le désir profond de Dieu est que chacun ait à manger, que chacun puisse vivre dans la paix et la justice. Le vrai problème n’est pas chez Dieu, il est chez nous qui sommes des êtres blessés au départ de la création, lorsque nos premiers parents désobéirent à Dieu et furent chassés du jardin merveilleux où ils avaient été placés. C’est à ce moment que le mal est entré dans le monde quand l’homme a voulu se faire « dieu ». A partir de là ce qui était facile à faire est devenu difficile à réaliser. L’orgueil, la jalousie, l’égoïsme sont venus perturber nos relations avec Dieu. L’indépendance de l’homme par rapport à Dieu est venue vicier nos relations par rapport à Lui et à nos semblables. Mais heureusement Jésus est venu prendre notre condition humaine hormis le péché et il l’a rachetée en s’offrant à son Père. Il nous propose une nouvelle manière de vivre par rapport à l’ancienne. Il nous propose d’entrer dans ce Royaume. Jésus nous demande de lui faire confiance. Il est ressuscité, il nous a envoyé son Esprit et nous a donné toutes sortes de moyens pour vivre en unité profonde avec Lui. Si nous acceptons d’entrer dans cette vie nouvelle qui une conversion, une renaissance, alors tout devient possible. Nous remettons nos vies entre les mains de notre Père jusqu’à notre mort et qui peut être transformée en vie éternelle. La mort d’un être cher, Jésus l’a maintes fois expérimentée. Pensons au fils unique de la veuve de Naïm, à la fille de Jaïre ou encore à Lazare Et c’est pour nous un enseignement sur la manière dont Jésus lui-même a vécu cet événement.
Comme Marthe, nous avons l’impression que tout est fini avec la mort de Brigitte. Durant notre vie, nous créons un tas de relations, une multitude de liens d’affection, d’amitié. Nous participons chacun à notre façon à la construction du monde par notre travail, nos projets, nos relations et puis vient un jour, le jour de notre mort où tout cela disparaît à tout jamais. Nous sommes tentés de dire avec Marthe : « Seigneur, si tu avais été là, il me semble que tu aurais pu prolonger un tant soit peu cette vie, notre soeur ne serait pas morte».
Jésus a vécu cela comme nous. Il comprend nos réactions, nos sentiments bien naturels. Il les a éprouvés lui aussi à la mort de son ami. Et pourtant, il ne nous épargne pas l’épreuve de la mort. Elle fait partie de toute vie, mais il lui donne un sens en la reliant à la résurrection en faisant de la mort un passage vers la vie : « Ton frère vit », dit-il à Marthe, « Moi, je suis la Résurrection. Même si quelqu’un est mort, il vivra ». Notre Dieu est le Dieu des vivants et avec lui, nos morts sont vivants. Car lui, le premier, a vaincu la mort. Et pour nous qui partageons le même sort que lui, notre mort devient un passage vers la vie, vers la maison du Père.
A nous aussi, en ce moment, Jésus nous pose la question : « Crois-tu cela » ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu, tu verras chacun de nous survivre à l’échec de la mort et répondre à l’appel de la vie.
En ce moment, nous célébrons l’entrée de Brigitte dans la vie éternelle avec le Christ ressuscité, lui qui nous dit : « Là où je suis, là aussi sera mon serviteur ». Pour Brigitte, le Seigneur essuie toute larme de ses yeux. Elle qui a connu les épreuves, les souffrances de la vie, elle s’en est allée vers un monde meilleur. Avec le prophète, elle peut dire : « En lui j’ai espéré, il m’a sauvé. C’est Lui qui, maintenant, fait ma joie, mon bonheur ».
Et forts de notre foi, nous pouvons célébrer en rendant grâce et faire nôtres ces paroles de la préface des défunts : « Il est juste et bon de te rendre grâce, Seigneur, toujours (et donc en ce moment de mort) et en tout lieu (donc ici près de Brigitte) car tu es le Dieu vivant qui nous fait tous vivre et ressusciter.
C’est dans le Christ maintenant que Brigitte est en communion de vie avec nous, qu’elle est aussi présente en quelque sorte à nos vies et qu’elle s’intéresse à ce que nous vivons. Car les vivants avec le Christ que sont nos morts ne sont pas indifférents à nos vies. Ils ne sont pas des inactifs, des sortes de retraités dans la vie éternelle. Au contraire, libérés des contraintes que nous connaissons ici-bas, ils sont disponibles pour travailler, à leur manière, à faire grandir la communion entre Dieu et entre nous. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus n’a-t-elle pas dit qu’elle passerait son ciel à faire du bien sur la terre ? Chaque défunt peut dire la même chose. Et certainement que Brigitte sera attentive à nous tous ;
Maintenant, Brigitte prie avec nous et pour nous, comme nous prions pour elle. Elle nous invite, malgré notre peine, à poursuivre notre route si pénible qu’elle soit. ¨Puisse le Seigneur être votre réconfort et votre espérance ! Amen.
R.Maloir-prêtre du doyenné de Beaumont |