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jbwira
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Articles, photos et
informations en provenance
de la RD Congo,
particulièrement du Nord
Kivu, prieuré des Pères
Croisiers de Mulo-Musyenene

Lancé le 02/09/2009 à 08:45:53
Modifié le 09/09/2009 à 21:19:47
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ARTICLE du 07/09/2009 16:48:14   Témoignage de deux élèves du Centre d'Alphabétisation
Témoignage de deux élèves du Centre d'Alphabétisation
Témoignage de deux élèves du Centre d'Alphabétisation

a)     Je m’appelle Kanyere Antoinette, j’ai 45 ans. Je suis l’aînée de douze enfants, c’est pourquoi je m’appelle Kanyere. Je n’ai pas eu la chance d’étudier, car je devais aider ma mère à garder mes petits frères et sœurs. Chaque année ma mère mettait au monde, car elle ne savait pas avec mon père comment faire le planning : eux aussi n’ont pas étudié. Ils faisaient le travail du champ et je les accompagnais. A l’âge de 25 ans, j’ai été engagée au petit séminaire comme cuisinière. J’étais très belle de sorte que les séminaristes ne pouvaient pas s’imaginer que je sois illettrée. Ils me parlaient en français, mais moi, j’avais honte, car je ne savais pas répondre même à la salutation ‘bonjour’. C’est pourquoi j’ai abandonné ce travail pour me confier à l’agriculture. Dieu merci, les Pères croisiers ont commencé chez nous à Musyenene un Centre d’Alphabétisation et de Récupération. J’ai été parmi les premiers à me faire inscrire. Je n’ai pas honte d’aller à l’école en uniforme. Mes voisins se moquaient de moi, mais je n’ai pas considéré leurs paroles. Aujourd’hui certains d’entre eux veulent aussi étudier au même Centre, malheureusement pour eux cette année on n’a pas ouvert la première année des adultes par insuffisance des salles de classe. J’ai reçu la première année avec 85 %, je suis maintenant au deuxième niveau. Je suis déterminée à bien réussir aussi la deuxième année. Je suis consciente des difficultés financières que le Centre traverse, car il encadre les vulnérables qui sont incapables de payer les frais scolaires pour le fonctionnement du Centre et pour le salaire des enseignants. Moi, je suis orpheline de Père. Ma mère, maladive atteinte des maux de foie est à ses derniers jours. Mes cinq frères et mes trois frères sont morts pendant la guerre. Je suis célibataire. C’est moi qui m’occupe de ma mère. Je remercie de tout mon cœur les bienfaiteurs qui soutiennent notre Centre d’Alphabétisation et de Récupération.

 

b)     Je m’appelle Kavira Virimumweyo Alice. J’ai 18 ans. Je suis la cadette de ma famille. D’ailleurs nous ne sommes qu’en deux ; toutes des filles. Ma grande sœur a étudié jusqu’à première année secondaire. Elle avait eu la grossesse, c’est pourquoi elle avait abandonné les études. De ma part, après la première année primaire, j’ai été demandée de garder l’enfant de ma tante maternelle ; j’ai abandonnée les cours. A quinze ans, mon oncle paternel m’a embauchée dans une petite boutique. Il me payait 4 $ par moi. Je pouvais me payer du savon et me procurer d’autres petits besoins avec mon salaire. Etant donné que j’avais de difficultés à vendre, car je ne savais ni lire ni écrire, mon oncle m’a demandé d’arrêter. Cela m’a fait mal, car je ne pouvais plus trouver de l’argent pour subvenir à mes petits besoins. J’ai, alors, mené une vie de désordre en me donnant à la débauche avec des militaires et d’autres hommes. Dieu merci, je n’ai pas attrapé le sida. Mais j’ai mis au monde une fille a qui j’ai donné le nom de Yoasi. Elle a maintenant un an et trois mois. Je vais au cours d’Alphabétisation et de Récupération avec elle. Ma fille est gentille, elle ne dérange pas au cours. Je suis maintenant au niveau deux. Je remercie tous ceux qui soutiennent cette œuvre moralement, spirituellement et matériellement. Je sens maintenant la dignité d’être une personne.

 



ARTICLE du 02/09/2009 09:21:12   Projet aide aux populations défavorisées
Projet aide aux populations défavorisées
Projet aide aux populations défavorisées
Projet aide aux populations défavorisées
Projet aide aux populations défavorisées
Projet aide aux populations défavorisées
Qui sommes-nous ?

 

Nous sommes un Ordre religieux (de l’Eglise Catholique) fondé en 1210 en Belgique. Aujourd’hui, nous avons notre siège à Rome où habite notre Maître Général. L’Ordre de la Sainte est actuellement en Europe, en Amérique, en Asie et en Afrique. En Afrique, nous sommes spécialement au Congo depuis 1920. Nos premiers confrères missionnaires se sont d’abord installés à Bondo où 24 confrères ont subi le martyre en 1965. Ils sont nos intercesseurs auprès du Père. Actuellement, en Afrique, nous oeuvrons en Kinshasa, à Mulo et à Musyenene. Moi, personnellement, Père Joseph Bwirabwahali, j’habite à Musyenene dans notre  paroisse. Musyenene est un village qui se retrouve au Nord Kivu, dans le territoire de Lubero, dans la chefferie des Baswagha. A cause de différentes guerres qui ont eu lieu  au Congo, Musyenene abrite beaucoup de réfugiés, alors que c’est un village très pauvre. Pour la plupart, la consommation journalière est de 0.1 $ par personne par jour ou même moins de cette somme. Il arrive pour certaines familles que la maman chauffe de l’eau, y met un peu de sel pour nourrir la famille.  Il y a ceux qui ont un salaire de 5 $ par mois. (Ceux qui vendent dans des boutiques des autres). Il y a beaucoup de pauvres qui viennent frapper à notre porte à la paroisse de Musyenene. C’est dans ce contexte que nous voulons initier ce projet d’aide aux populations défavorisées afin de soutenir les plus pauvres et les initier à certains travaux. Dans ce projet, je présenterai régulièrement la vie de certaines personnes.

 Notre adresse mail: bwirabwahali@yahoo.fr

Téléphone: 00 243 (0) 998 81 82 71



Histoire d’une vie

Je m’appelle Mumbere Kitambala Eugène. Je suis enfant bâtard et je n’ai pas eu la chance de connaître ma mère,  car elle est décédée juste après ma naissance. J’ai été élevé par une femme de bonne volonté qui m’a donné son lait. Je la remercie de tout mon cœur. Que Dieu accueille son âme, car elle est déjà décédée. A 12 ans, j’ai été écrasé par une voiture ; Dieu merci, je ne suis pas mort, mais on m’a amputé ma jambe gauche. Je suis un homme virile, capable de connaître une femme, mais je n’ai pas eu la chance d’avoir une épouse. Je voulais fiancer une fille, mais je n’ai pas eu les dix chèvres exigées par la coutume nande pour épouser une femme. D’autres filles refusaient quand je demandais leurs mains, parce que je suis handicapé. Aujourd’hui, je suis maintenant vieux, c’est impossible pour moi d’avoir encore une femme. Dernièrement, j’ai tenté de demander la main d’une vieille femme veuve qui a aussi refusé. J’en ai assez, je resterai célibataire jusqu’à la mort. Toutefois, le désir de laisser au monde un enfant m’habite beaucoup. J’habite seul dans ma petite case qui m’a été construite par les chrétiens de mon village. Pendant que j’étais encore jeune, je pouvais travailler au champ, malgré l’handicap, je pouvais tenir une houe tout en appuyant une béquille, alors que je deviens vieux, j’ai des difficultés. J’aurais bien voulu apprendre un travail que je peux faire tout en étant assis (exemple coudre les souliers, tricoter, …). Malheureusement, je ne sais ni lire ni écrire. Je suis venu ici au couvent pour vous saluer ; je vous remercie.

 

Histoire d’une vie

Je m’appelle Albertine, je suis célibataire. Les gens ont l’habitude de m’appeler Kahire càd. ce qui est brûlé. En effet, quand j’étais encore jeune fille âgée de 20 ans, à ce moment j’étais fiancée à un homme, je me suis brûlée en train de préparer la nourriture, heureusement, on m’avait vite dépêché à l’hôpital où j’ai passé trois mois pour me rétablir. Cela a été un coup dur pour moi, difficile à accepter et vraiment traumatisant, car ma beauté s’est changée en laideur. Mon fiancé m’a abandonné et personne d’autres n’a plus osé demander ma main. Il avait peut être raison, parce qu’un jour je me suis regardée à travers le miroir, j’ai eu pitié de moi-même à cause de la laideur. Dès lors je n’ose plus le faire. Je suis âgée de 41 ans, mais à me voir, on peut penser que je suis plus âgée que cela. Je travaille au champ, mais dommage que les récoltes ne sont pas toujours satisfaisantes, car le sol de Musyenene est pauvre. Quand je fais le travaille des champs, je crains la poussière et les insectes ; ils font très mal, quand ils entrent dans mes yeux, mais je dois accepter ma vie, je n’ai pas étudié pour dire que je pourrai travailler dans un bureau. J’habite avec ma mère, qui est devenue veuve six ans après son mariage avec papa. Nous sommes nées en deux, toutes des filles ;  ma grande sœur est déjà mariée. J’ai honte de fixer les gens au visage, car je sais qu’ils ont peur de me regarder. Ma mère est capricieuse, elle me demande souvent de préparer la nourriture alors que j’ai déjà la phobie de l’huile, je le fais malgré moi, parce que je l’aime. Lorsque je me rappelle cette histoire, j’ai envie de vomir. Je me réveille fatiguée, car je  n’ai pas de lit, je passe nuit sur les feuilles mortes des bananiers. Je remercie les médecins qui m’avaient soigné, mais aussi tous ceux qui m’aident soit par un sachet de sel ou par la nourriture et tous ceux qui m’entourent de leur amour, malgré mon état actuel.

 

Histoire des vies humaines

Je m’appelle Rose Mbambu et mon fils que voici s’appelle Hubert : c’est mon neuvième enfant. Je suis une femme mariée, mais mon mari est un homme irresponsable, il est devenu alcoolique. Il me laisse la responsabilité des enfants. Aujourd’hui, je suis vraiment inquiète d’avoir accepté un tel homme en mariage. Mon fils que voici est malade et il est une charge pour moi seul, les médecins n’ont jamais détecté sa maladie. Il ne fait que maigrir, je pense qu’il est à sa fin. Moi, je croyais qu’il est déjà malade du SIDA, mais les examens cliniques et para cliniques  ont donné des résultats négatifs. Je cois que les germes de son papa étaient malades ou pleins d’alcool pour enfin donner un tel résultat. Je le confie à Dieu et aux prêtres pour la prière. Moi, personnellement, je le soigne par des médicaments traditionnels : je prends de l’herbe pour le purger chaque matin et chaque soir, mais malheureusement sans aucun résultat promettant. Je ne sais quoi faire avec le poids de toute la famille sur moi. Cette situation me rends moi-même malade, un moindre bruit me fait sursauter, je n’ai plus de sommeil la nuit : je souffre de l’hypertension et de la gastrite. De mes neuf enfants, il n’ y a que deux à l’école secondaire, deux au Centre d’Alphabétisation des Pères Croisiers de Musyenene ; les autres  resteront illettrés comme moi, une situation que je n’aurais jamais voulu pour mes enfants. Il y a des moments où, je désire divorcer d’avec mon mari à cause de toutes ces difficultés, mais aussi divorcer n’est pas la solution, car c’est faire souffrir les enfants. Dieu seul pourvoira. Dans ma vie, je me débrouille par le travail des champs et par un petit élevage encore archaïque des lapins et des cobayes. A présent, j’ai quatre lapins et dix cobayes. Je vous remercie.

 

Propos recueillis par P. Joseph Bwirabwahali, osc,

 Procureur de la Proprovince Martyrs de Bondo



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