Description blog

Vous êtes sur :
http://www.catho.be/blog/gerard_daix

Infos du blog
gerard_daix
Message du créateur :
Eucharistie

Lancé le 28/04/2009 à 11:09:34
Modifié le 28/04/2009 à 11:12:37
1 page
1 article
4 remarques

Je fais connaître ce blog
Envoyez un e-mail à vos amis pour leur faire découvrir ce weblog !

Blogaliens
Pas encore de blogaliens
Bienvenue sur le Blogator  GERARD_DAIX  !

Je crée mon Blogs Catho.be gratuit !

Affichage des articles : Les articles sont triés du plus récent au plus ancien sur ce blog

Ce blog est illégal et/ou ne respecte pas le règlement ? Faites-le savoir...
ARTICLE du 28/04/2009 11:12:37   L'Eucharistie
Eucharistie et vie.
 
 
Notre perspective.
 
Nous entendons souvent des réflexions comme celle-ci : "Les catholiques ne sont pas meilleurs que les autres". Ces sortes de phrases sont évidemment destinées à qualifier la "valeur" de la vie quotidienne des chrétiens pratiquants. C'est que leur vie de tous les jours paraît tellement éloignée du sens de leur présence à la messe du dimanche… Il est vrai que, depuis longtemps, les chrétiens sont dits "pratiquants" s'ils se rendent à la messe, l'Eucharistie, du dimanche. Comme si l'on n'était chrétien qu'une heure par semaine ! Le baptisé est incorporé au Christ, au Peuple de Dieu, Corps du Christ pour et par toute sa vie. Vatican II souligne d'ailleurs (Lumen Gentium, 34) : "C'est ainsi que les laïcs consacrent à Dieu le monde lui-même, rendant partout à Dieu dans la sainteté de leur vie un culte d'adoration". On ne peut distinguer le culte dominical de la vie quotidienne, en lisant et en reliant St Luc dans les Actes des Apôtres : "Ils étaient assidus…à la fraction du pain" (AA 2, 42) et Saint Jean dans son Evangile : "A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l'amour que vous aurez les uns pour les autres" (Jn 13, 35).
 
Le Concile Vatican II a déclaré, de l'Eucharistie, qu'elle est "la source et le sommet de toute la vie chrétienne" (LG, 11).
 
Pourtant, spontanément, le "public" sent que quelque chose ne va pas : la dichotomie est trop importante entre la participation à la célébration de l'Eucharistie du dimanche et la vie quotidienne en semaine des chrétiens. La célébration leur paraît être comme une parenthèse artificielle, peut-être même "mensongère" dans la vie du chrétien "ordinaire" rencontré sur la route… Il semble à bien des gens que la vérité exprimée par les Pères conciliaires n'est pas vécue par les chrétiens d'aujourd'hui : pour beaucoup de ceux-ci, l'Eucharistie n'est ni une source ni un sommet de leur vie chrétienne.
 
De prime abord, nous ne pouvons pas trop leur donner tort : trop de chrétiens, effectivement, viennent "à la messe" le dimanche, et vivent leur vie de tous les jours d'une façon toute ordinaire, comme tout le monde : leur passage à l'église le dimanche influence trop peu ou pas du tout leur vécu quotidien.
D'où vient cette ignorance, cette indigence dans la vie chrétienne ? Nos cours 'de religion' sont-ils suffisamment 'engagés', les professeurs assez formés, la vie chrétienne convenablement affirmée ?
 
 
Il m'a donc paru intéressant de faire réfléchir un peu les chrétiens soucieux de leur foi en actes sur l'implication - les implications - de leur présence à la célébration dominicale…
 
Dans un premier moment, nous nous intéresserons à ce que nous appelons l'"anamnèse", le "retour à la mémoire vivante". Ceci nous amènera à découvrir un "Jésus historique" et un "Jésus présent aujourd'hui" : c'est le même Jésus, mais désormais glorieux !
 
Un deuxième temps nous invitera à nous demander qui fait ce mémorial vivant, pendant la célébration eucharistique. Est-ce une affaire de "personnes individuelles", ou d'un "ensemble de personnes", ou de Quelqu'un d'autre ?
 
Une troisième invitation à la réflexion nous guidera dans une approche plus fouillée de celui qui célèbre : le prêtre ? l'assemblée ? chacun dans son coin ? - et de mieux voir ainsi les implications des manières et de parler de la célébration elle-même.
 
Enfin, nous trouverons plus clairement, en finale, comment le chrétien peut agir de telle sorte que des remarques telles que celle citée ci-dessus ne puissent plus être de mise pour un chrétien, ou une communauté chrétienne. Nous aurons parcouru le chemin d'une réflexion sur le sens d'une célébration eucharistique et de sa place dans la vie chrétienne.
 
 
 
 
La "Mémoire".
 
Nous devons, pour commencer, scruter les Ecritures, tenter la découverte d'une des dernières actions de Jésus avec ses disciples, tellement importante que ceux-ci veilleront avec un soin particulier à reproduire, sur son ordre ("Faites ceci en mémoire de moi" Lc 22, 19) les gestes de leur Seigneur et Maître. (Actes 2, 42-47)
 
Les Synoptiques nous aident à y voir clair : Matthieu (26, 17) nous signale que c'était "le premier jour des Azymes". Mais Marc et Luc sont plus précis: pour eux, ce "premier jour des Azymes, n'est pas n'importe lequel : c'est le soir de "la pâque" : Mc 14,12 : "lorsqu'on immolait la pâque", et Lc 22,7 : "où devait être immolée la pâque". Luc insiste même, en mettant dans la bouche de Jésus, cette phrase : Lc 22,8 " : "Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions".
 
Si Jean 18,28 situe ce repas le jour même où Jésus a été crucifié, le 14 Nizan comme le célébraient les pharisiens, n'oublions pas que nous avons affaire à des Galiléens, célébrant ce repas la veille au soir, donc le 13. La date elle-même est discutée par des exégètes. Laissons les différentes hypothèses aux savants. La date n'a pour nous finalement que peu d'importance. Ce qui compte à nos yeux, c'est la signification profonde de ce repas de "la pâque", avec les paroles que Jésus va y prononcer. C'est le dernier repas qu'il prend avec tous ses apôtres fidèles rassemblés autour de lui. L'importance n'en est que plus significative. St Paul lui-même verra la nécessité de le rappeler aux Corinthiens : I Cor 12,23-26.
 
C'est là notre point de départ. Les Evangélistes nous forcent à scruter ce qu'était cette "pâque" si importante pour eux, comme pour toute la communauté juive de leur temps, et encore de nos jours.
 
Ce "repas de la pâque", pour les Juifs, est d'une gravité insoupçonnée : il est la rappel du sauvetage par Yahvé de son peuple esclave en Egypte, et du "passage" (en Hébreu : Pessah) du Seigneur en son sein, et du "passage" de la Mer Rouge par le peuple sauvé, guidé par Moïse. L'Exode nous raconte, en effet, le"passage" de Yahvé parmi les maisons, "oubliant" celles aux linteaux des portes marquées par le sang de l'agneau (maisons occupées par des "Hébreux"), tuant les premier-nés des Egyptiens dans leurs habitations.
C'était pour les Juifs LA grande fête de l'année, où le peuple de Dieu se rappelait ces événements fondateurs. Relisons le chapitre XII de l'Exode pour en redécouvrir la signification première pour les Juifs, avec, au verset 14, ces mots : "Ce jour-là vous servira de mémorial". C'est-à-dire que ce jour-là, vous le célébrerez chaque année, vous vous rappellerez ce que le Seigneur a fait pour vous, qu'il a été votre délivrance de ma main de vos oppresseurs, qu'il est lui votre Dieu et que vous êtes son peuple, à jamais. Ce sera l'occasion de vous souvenir, mais surtout de revivre ces événements du passé comme étant "actuels", d'aujourd'hui. C'est vous qui, en ce jour, les vivez réellement, comme vous étant personnellement arrivés.
 
Nous voilà au cœur de la signification du mot "mémorial".
Célébrer le "Mémorial", c'est "revivre personnellement un événement du passé qui a encore toute sa signification aujourd'hui pour moi" : j'y suis pris de tout mon être, c'est moi qui revis aujourd'hui ce qui s'est passé autrefois. Le mot est très fort : le "Mémorial" porte en lui-même tout le poids de l'histoire qui se (re)joue en ce moment même où je le vis. Comme Yahvé a agi, il agit encore aujourd'hui pour et avec moi.
 
 
 
C'est le moment de reprendre St Paul aux Corinthiens 12, 23-26 : " Le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et après avoir rendu grâce, il le rompit et dit : Ceci est mon corps, qui est pour vous, faites cela en mémoire de moi ; il fit de même pour la coupe, après le repas, en disant : Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, faites cela, chaque fois que vous en boirez, en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne".
 
 
Et lors de l'Eucharistie, après le récit de l'institution de l'Eucharistie, à l'invitation du prêtre, nous proclamons : "Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire".
Le Seigneur Jésus est venu, il est là, il reviendra. Nous pourrions paraphraser cela de la manière suivante : "Jésus est venu, Dieu chez nous, Emmanuel, Il a vécu notre vie en toute chose, à l'exception du péché, Il est mort ; son Père l'a ressuscité, en gage de notre propre vie éternelle, Il reviendra dans sa gloire pour nous prendre avec Lui dans son Royaume". Mais attention : Il est déjà là, sous nos yeux, dans l'Eucharistie !
 
Il est donc grand, le mystère de la foi, comme il est proclamé dans la célébration.
L'Eucharistie nous fait faire mémoire de la vie, de la mort, de la résurrection, de la gloire de Jésus Emmanuel, Dieu-avec-nous. Elle est pour nous un mémorial : nous revivons, en CE moment, le passé, le présent, l'avenir (si l'on peut dire) de Jésus lui-même, nous-mêmes étant participants actifs, aujourd'hui, de toute cette réalité de vie : nous vivons en réalité tout cela avec Jésus, personnellement et corporellement présent sur l'autel.
 
 
Il est clair que, pour Jésus, ce dernier repas devra être vécu par les disciples comme un mémorial : "en mémoire de moi"…
 
 
 
 
 
 
 
Nous faisons mémoire, nous célébrons un mémorial vivant.
 
Par l'Eucharistie, nous faisons mémoire. Et nous nous posons la question : mémoire de quoi ? Modifions notre question : de qui faisons-nous mémoire ?
 
En effet, il me semble que l'Eucharistie ne se contente pas, si je puis dire, de faire mémoire d'un événement : la dernière cène, le dernier repas de Jésus avec ses disciples, préfiguration et annonce de sa mort et de sa résurrection, ni seulement non plus de la mémoire de toute sa vie, si nous voulons comprendre que "ceci" comprend toute la vie et les attentions de Jésus. Nous y reviendrons toutefois.
 
Nous voulons "faire mémoire", nous rappeler, au sens fort du mot, que Celui que nous appelons "Jésus" ou "Jésus-Christ" ou "le Seigneur" est avant tout Fils de Dieu venu en notre chair pour nous donner la vie même de Dieu et qu'Il est présent parmi nous, nous ne le soulignerons jamais assez, dans chaque Eucharistie !
 
 
Autrement dit, à l'Eucharistie, nous faisons mémoire de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ : nous y sommes, nous sommes "là" ou plutôt, Lui EST là, maintenant, avec nous, en ces moments de célébration. Il vit avec nous, Il nous donne sa vie, Il nous prend dans son amitié pour nous remettre dans les mains de son Père : "Père, entre tes mains, je remets mon esprit…" (Lc 23, 46).
 
Finalement, nous pouvons dire que, dans l'Eucharistie, l'Eglise fait mémoire avec toute la Trinité. Par Dieu en premier, parce que Père ; avec Jésus-Christ, Fils de Dieu, 'Dieu avec nous, et dans l'Esprit-Saint, invoqué une première fois sur le pain et le vin pour qu'ils deviennent Corps et Sang du Christ, invoqué une deuxième fois sur nous aussi, l'assemblée, pour que nous devenions Corps du Christ, ce qui nous rappelle l'invitation de St Irénée  : "Deviens ce que tu reçois".
 
 
 
 
Comment cela se passe-t-il ?
 
Concrètement, je dirais simplement : comme un repas, qui est en même temps un sacrifice, un repas sacrificiel.
 
D'abord, l'invitation, ce sont les sonneries des cloches. Peut-être pensons-nous avoir décidé de nous rendre à l'église pour l'Eucharistie avec nos frères et sœurs chrétiens. Sans doute est-ce vrai. Mais il est plus beau de penser que les sonneries des cloches sont comme la voix de Dieu qui veut rassembler son peuple : "Vous autres, venez à l'écart dans un lieu désert et reposez-vous un peu" (Mc 6, 31). Oui, dans l'agitation de notre monde, nous avons besoin de nous retirer en nous-mêmes et en Dieu, faire le point sur notre vie face à Lui, et nous Lui                répondons, comme le petit Samuel : "Me voici" (1 Sam. 3,4).
 
On se fait "beau", bien sûr. A l'église, nous nous signons à l'entrée avec l'eau bénite, souvenir de notre baptême, qui nous a fait enfants de Dieu, dignes de Lui. "Avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. Moi-même, je le verrai, et quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas "(Job 19, 26-27).
 
Et le Seigneur nous fait miséricorde, nous pardonne nos péchés et nous conduit à la vie éternelle (cfr la prière du célébrant, à la fin de la célébration pénitentielle du début de chaque Eucharistie). Nous n'avons pas encore suffisamment étudié sérieusement ce pardon offert par et à travers la célébration eucharistique, vécue "en rémission des péchés", comme nous le disons pendant le récit de l'Institution, au cœur de la célébration. Pourtant, bien des oraisons, si nous les prenons au sérieux. En voici des exemples : le 2e dimanche de Carême, à l'offertoire : "…nous purifie de nos péchés", à Pâques : "ton pardon… pour entrer dans la lumière de la résurrection", lors de la fête de l'Immaculée Conception : "Libérés de toute faute", à la Ste Croix : "nous purifie de nos fautes"…        Certes, le sacrement de Réconciliation reste sauf, en ce qui concerne les péchés mortels. Et le pardon reçu dans l'Eucharistie nous prépare à ce sacrement. Peut-être pouvons nous rester vigilants quand nous prions : "Kyrie eleison", "Pardonne-nous nos offenses", "Prends pitié de nous", "Dis seulement une parole" : notre Dieu est un Père miséricordieux (cfr la parabole de l'enfant prodigue - Lc 15, 11s) qui entend notre prière et y répond. Ceci pourrait apaiser bien des consciences mal informées et tourmentées.
 
 
Ensuite vient l'échange des "nouvelles" : un échange entre Dieu et son peuple. Oui, Dieu nous parle à nous, aujourd'hui, dans ces textes qui nous sont lus : ils sont "Parole de Dieu", et nous y répondons par les versets du psaume, correspondant au texte lu,  et l'acclamation de l'Alléluia. Le Seigneur continuera son message de paix et de bonheur dans l'homélie, par le prêtre ou le diacre, actualisation de ces textes saints pour notre vie d'aujourd'hui. Je dirais volontiers : "acclimatation" pour notre vie, dans un lieu et à un moment précis. "Le Royaume est parmi nous" (cfr Lc 11,20) ; il est donc dans le présent historique ; ici et maintenant on peut s'y ouvrir (ou l'ignorer) ; le présent, non le passé, porte donc une charge et une profondeur insoupçonnable qui obligent à scruter aujourd'hui les signes de ce Royaume".  
Nous répondons à son message de bonheur par la proclamation de notre foi, le Credo, puis en Le priant au nom de tous les hommes, passés, présents et à venir dans ce que nous appelons "Prière universelle". Qui est aussi un engagement de notre part : à l'écoute de la Parole de Dieu, nous sommes devenus plus sensibles à certains besoins de notre époque, et nous les rappelons avec simplicité à notre Dieu, ce Père qui sait d'avance ce dont nous avons besoin, et nous sommes prêts à y prêter main forte ! "Que Dieu nous les donne, et les multiplie, enfin, ces chrétiens qui, de par leur religion, porteront, plus que tout autre humain, le poids des aspirations et des labeurs de leur temps !" *
 
Et nous n'arrivons pas les mains vides, nous avons apporté des "cadeaux" : "fruits de la terre et du travail des hommes" (texte même de l'"offertoire"). Nous n'apportons pas simplement un peu de pain et un peu de vin pour le repas sacrificiel : nous venons déposer sur l'autel tous nos travaux, toute notre vie, tous les travaux et toutes les vies de tous les hommes et femmes de la terre  ("le sacrifice de toute l'Eglise").  Nous présentons donc aussi au Seigneur nos joies, nos peines, nos soucis, les bonheurs de nos vies, et ceux de tous les hommes du monde entier.Que soit rendue à Dieu cette grâce qu'Il nous a faite en son Fils bien-aimé, à travers tous ceux et toutes celles dont nous avons croisé l'existence, qui ont eu une influence sur nous, ou pour lesquels nous avons pu faire à notre tour quelque chose de bon, grâce au travail de nos mains !
Oui, à l'offertoire, sur l'autel, le cadeau que nous faisons à Dieu, c'est également nous-mêmes, tels que nous sommes, tels que nous sommes prêts à nous laisser pétrir. Nous Lui offrons le "Corps du Christ" qu'est l'Eglise. Et Il nous le rendra au centuple : en nous donnant, une fois encore, le Corps de son Fils. Nous pourrons devenir ce que nous recevons !
 
----------------------------------------------------------------------------------------
 
(*) "Etre plus", Pierre Theilhard de Chardin, Seuil 1968, p.35)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Action de grâce.
 
Nous entrerons alors en plein mystère : dès la "Préface" (ce que nous appelons ainsi), proclamation solennelle devant tous, nous entrons dans la "Prière eucharistique", cette grande prière d'action de grâce, au sein de laquelle viendra comme se blottir le centre, c'est-à-dire le récit de l'Institution de l'Eucharistie par Jésus lui-même.
Remarquons-le : la prière entière, comme presque toutes les autres oraisons de l'Eucharistie, a pour sujet le pronom "nous" : toute l'assemblée, présidée par le célébrant.
Il ne s'agit pas là, disons-le pour ne pas l'oublier, d'une série de "je" les uns juxtaposés aux autres : "nous", c'est le "je" de l'assemblée. Nous (l'assemblée) demandons à Dieu d'envoyer son Esprit sur le pain et le vin (et sur notre vie présente sur l'autel), pour qu'ils deviennent Corps et Sang de Jésus-Christ, en rémission des péchés. Nous chanterons les louanges pour tout ce que Dieu a fait, fait et fera encore, nous prierons pour les responsables de l'Eglise, avec les saints, pour les défunts, pour nous (l'assemblée) enfin.
Tout à coup, le célébrant rappelle l'événement de la dernière Cène et parle en "je" : "Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang." C'est que le prêtre est là, rappelons-nous, "in persona Christi", Christ présent au milieu des siens, par le ministère d'un homme ayant reçu l'onction du sacerdoce ministériel.
A juste raison, nous pouvons proclamer : "Il est grand, le mystère de la foi" ! Mystère d'un Dieu qui se fait homme souffrant, mourant et ressuscitant, se donnant lui-même en nourriture pour faire de nous des êtres vivant de la vie même de Dieu…
Et vraiment, à cause de Jésus-Christ mort et ressuscité pour nous, nous pouvons rendre tout honneur et toute gloire par Lui, avec Lui et en Lui, à Dieu le Père, au Fils Unique et à l'Esprit qui anime nos cœurs !
 
 
Le Pain et la Paix
 
Enfants d'un même Père, frères et sœurs d'un même Fils unique, animés de leur Esprit, nous nous tournons vers notre Père du ciel.
D'abord, nous pensons à Lui, ce qui est normal : de Lui vient toute vie. Nous souhaitons que son Nom soit béni (par nous aussi), que son Règne vienne (grâce à nous aussi), que sa volonté soit faite partout (par nous aussi).
Puis nous osons penser à nous, en Lui demandant trois petites choses essentielles et vitales : un peu de pain (quoi de plus simple nourriture qu'un quignon de pain, et pourtant beaucoup en manquent, nous pouvons le leur fournir !) et le pain venu du ciel, Son pardon (pas à n'importe quelle condition : que nous pardonnions aussi !) et que nous ne nous mettions pas nous-mêmes dans de telles situations que nous ne saurions nous en tirer nous-mêmes (et cela arrive si souvent) ! A la fin, nous demandons que Dieu nous délivre du Malin.
C'est un fait : ces quatre demandes ne sont pas simples prières : elles sont des engagements que nous voulons prendre, si nous prions sérieusement, en faisant attention à ce que nous disons ! Nous sommes là, très loin d'une "récitation" machinale. Ah, si nous savions mieux ce que parler veut dire !
 
Une dernière demande de pardon et une supplication pour une paix intérieure qui, normalement, à ce stade, doit nous habiter : nous pouvons, à l'invitation du célébrant, nous donner la paix : pas la nôtre, souvent imparfaite, mais la paix même qui vient de Dieu : une paix profonde, intérieure, pacifiante en nous et en-nous-pour-les-autres… Que nous nous retrouvions comme les enfants d'une même famille aimante, où les liens d'amour sont plus forts que les envies, les jalousies, les rancoeurs, les mépris : tous, nous sommes frères et sœurs, enfants d'un même Père "qui ne fait pas de différence entre les hommes" … ( Actes 15,9)
On peut alors se mettre à la même table, la table du Seigneur : "Heureux les invités" par "l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde"… : nous devenons "com-pagnons", partageant la même nourriture, le "Pain vivant descendu du ciel"…
Il ne s'agit pas d'un simple 'défilé', à la queue leu-leu : nous venons à la Sainte Table, en procession ecclésiale, nous nourrir du Christ ressuscité. Il se donne à nous, nous nous donnons à Lui. Merveilleuse Alliance ! Il est normal que nous nous y préparions par un geste plein de respect (génuflexion, inclinaison de la tête,…) Il est aussi normal que nous communiions sur place, face au chœur, avant de retrouver notre place, et là, nous prenons le temps de Lui parler, dans le secret, en "face à face", en "cœur à cœur" : adoration, vénération, louange, action de grâce, demande…
 
 
Célébrer en vérité
 
Et le prêtre, après une dernière oraison,  nous renvoie vers le monde, dans la paix du Christ…
Nous venons de faire unité, d'être d'authentiques auditeurs de Dieu, de nous faire serviteurs de nos frères et sœurs, de créer entre nous la paix du Christ…
 
Il nous reste maintenant, si l'on peut dire, car la messe n'est pas finie, elle ne fait que commencer (!) : il nous reste, dis-je, de vivre réellement et en toute vérité, dans la journée et dans la semaine, ce que nous venons de vivre ensemble.
Sinon, nous venons de mentir à Dieu une heure durant ; nous avons fait semblant ; nous avons vécu une fausse eucharistie (ici, je ne mets pas, volontairement, de majuscule) ; nous avons escroqué le sacrement…
 
Alors, nous serons, dans notre vie concrète, des "porte-Christ", des chrétiens "pratiquants", non seulement parce que nous venons célébrer l'Eucharistie le dimanche, mais parce que nous mettrons notre foi en pratique (cfr Jacques) tout au long de notre semaine. Et peut-être entendrons-nous derrière notre passage : "Voyez comme ils s'aiment !" (cfr Jn 15, 17).
 
 
Père Gérard Daix, sss


Ce blog est illégal et/ou ne respecte pas le règlement ? Faites-le savoir...
Description blogueur

mohivil
mohivil
Cliquez pour agrandir
68 ans
Belgique

Autres blogs de ce blogueur
aucun

Weblogs par Blogator-script
© 2006-2008 SAMTEK via Blogator